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Chaque jour vous trouvez des tutos a realiser du monde entier. Je remercie chacune d'entre vous pour vos visites et les autres pour leurs gentils commentaires déposés.

Pommes et poires tapées

 pommes en Anjou et des poires en Touraine à profusion

. La conservation n’est pas très bonne
 L’idée sera donc de « taper » les fruits pour les aplatir
et faire sortir le maximum d’air et d’eau.
Et chacun, lors des longues soirées d’hiver, va taper, taper, taper…
Ainsi, les fruits, complètement déshydratés,
vont pouvoir se conserver plusieurs années,
prendre peu de place et garder leurs qualités nutritives.
En 1312, les notables de Reims en offrent à Louis X, à l’occasion de son couronnement. Et Rabelais parle bien de poires, mais sont-ce des poires tapées, rien n’est moins sûr ! 
Au XIXe siècle, la production diminue en même temps que la marine
, mais un événement va relancer l’industrie : l’arrivée du phylloxéra.
Le revenu des vignerons s’écroule
. Les pommes et poires tapées vont alors devenir le revenu principal des habitants de Turquant, près de Saumur, et de Rivarennes, près d’Azay-le-Rideau.
Les produits sont vendus dans toutes les bonnes épiceries des grandes villes (Angers, Tours,…) et exportés principalement en Europe du Nord. Tout s’arrête cependant entre les deux guerres mondiales.
Heureusement, quelques passionnés ont retrouvé les anciens fours, les vieux poiriers et se sont remis à la fabrication.

 Les fruits sont disposés, après épluchage, sur de grandes clayettes en bois, la queue en bas et enfournés dans les fours chauffés à 80-100°.

Ils restent entre 36 et 72 heures, sont extraits du four et retournés, puis renfournés. Après un à deux jours de chauffe, chacun va utiliser son ustensile préféré pour aplatir

les fruits : « platissouère » à axe, ou simple marteau à tête évasée.

Une fois bien aplatis, on renfourne pour une nouvelle déshydratation pendant une journée.

Le fruit va devenir une petite galette de deux centimètres d’épaisseur, que l’on met en bocaux pour les conserver

. A Rivarennes, vers 1850, la production est de l’ordre de 150 tonnes de poires tapées, représentant une  récolte de fruits de 1 200 à 1 500 tonnes.

Pour déguster chaud ou froid, on réhydrate les fruits dans du vin rouge

, dans de l’eau-de-vie ou dans un sirop à la cannelle.

On peut servir avec du Sainte-Maure, ou des gésiers de canard… On peut aussi les utiliser comme un fruit sec.

 

 

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M
Et bien tu m'apprends quelque chose ! je ne connaissais pas du tout, ni les fruits ainsi préparées ni la fabrication ! L'homme est plein de ressources et un grand bravo à ceux qui remettent cette pratique en route, car en plus il doit s'agir de variétés de fruit anciennes qui doivent donner des fruits petits et faciles à sécher. Merci et un bon dimanche
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G
Une découverte pour moi.
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