Un trait d’humour
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Le corbeau d’Amérique et le renard de Moscou
Le corbeau d’Amérique, perché sur un arbre,
Tenait en son bec un fromage rare :
C’était l’Ukraine, aux couleurs éclatantes,
Butin convoité d’une puissance arrogante.
Le renard de Moscou, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage enflammé :
« Sans mentir, Sire Corbeau, vous êtes l’homme de la paix !
On devrait à l’instant, je vous le confesse,
Vous donner le Nobel, et toute la planète
Vous acclamer pour votre sagesse parfaite. »
À ces mots, le corbeau d'Amérique, flatté et crédule,
Voulut répondre d’un ton vaniteux.
Mais à peine ouvrit-il la bouche grande,
Que l’Ukraine, son trésor, à terre se répand.
Le renard de Moscou s’en saisit, et dit tout en riant :
« Mon cher, apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute,
Et que la gloire, quand elle est trop légère,
S’effondre en un instant comme un trône en poussière. »
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