Un pull-over
Ce week-end, le premier pull en laine de la saison passe à la machine, avec le reste du linge. Il en ressort raide comme du carton, à la taille d'un enfant de dix ans. Et il avait coûté cher. 🧶
Votre grand-mère n'a jamais rétréci un pull de sa vie. Elle avait une bassine, de l'eau tiède, et une règle : on appuie, on ne frotte pas.
✍️ Pourquoi un pull en laine rétrécit, et comment grand-mère l'évitait à chaque fois :
1. LA LAINE A DES ÉCAILLES. Chaque fibre de laine est couverte de minuscules écailles. Avec la chaleur et le frottement, elles s'ouvrent, s'accrochent les unes aux autres et ne se lâchent plus : la laine feutre, le pull rétrécit. Ce qui est feutré l'est presque toujours pour de bon.
2. TIÈDE, ET TOUJOURS À LA MÊME TEMPÉRATURE. Une eau entre 20 et 30 degrés, pour laver comme pour rincer. Le passage brusque du chaud au froid fait aussi feutrer la laine. Pas de choc, pas de feutre.
3. ON PRESSE, ON NE FROTTE PAS. On appuie doucement le pull dans l'eau savonneuse, 5 à 10 minutes, pas plus. Ni frotté, ni tordu : pour l'essorer, on le roule dans une grande serviette et on appuie dessus. La serviette boit l'eau à sa place.
4. À PLAT, JAMAIS SUR UN CINTRE. Mouillée, la laine est lourde : sur un cintre, le pull s'allonge et les épaules se déforment. On le fait sécher à plat sur une serviette, loin du radiateur, et jamais au sèche-linge. Deux jours de patience, des années de pull.
📖 Noté dans le carnet : chez grand-mère, les pulls se lavaient un jour de beau temps, dans la grande bassine émaillée. Ensuite, ils séchaient à plat sur une vieille serviette, au bout de la table, et personne n'avait le droit de poser un bol à côté. « Un pull bien lavé, ça se transmet », disait-elle. Le gros pull bleu de grand-père a fini sur les épaules de son petit-fils.
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